Le nom APRIL ne dit presque rien au premier regard. Pas d’animal agressif, pas de promesse de révolution, seulement quelques lettres et une identité plutôt épurée. Pour une marque créée autour de Shane O’Neill, skateur associé à un street très technique, ce choix a quelque chose d’intéressant : laisser de la place aux riders et aux images plutôt qu’à un slogan qui ferait tout le travail.
APRIL s’est développée rapidement, mais sa naissance n’a pas eu lieu d’un seul coup. La distinction mérite d’être faite, surtout quand on croise des dates différentes dans les portraits de marque.
Contenus de la page
2018 pour l’idée, 2019 pour le lancement
Shane O’Neill raconte dans un entretien accordé à VHS Mag qu’il avait envie de construire quelque chose de nouveau dès 2018. Il explique aussi avoir approché Yuto Horigome et d’autres riders très tôt dans le projet. Cette phase de préparation ne doit pas être confondue avec le lancement d’APRIL : la marque est introduite publiquement en 2019.
Le rôle de Chris Middlebrook mérite également d’être mentionné. Nike SB le présente comme un ami de longue date de Shane avec lequel il a lancé APRIL en 2019. Réduire l’histoire à « Shane quitte une marque et fabrique sa propre board » efface une partie du travail collectif. Un nom connu peut ouvrir la porte ; construire une entreprise demande davantage qu’une vidéo d’annonce.

En mai 2019, Pocket Skateboard Magazine présente les nouveaux riders associés au projet et sa première vidéo d’introduction. Le contexte est clair : APRIL veut être une marque portée par un groupe, pas seulement un logo apposé sur le pro model de son fondateur.
Un team international plutôt qu’un clone de Shane O’Neill
Yuto Horigome fait partie des premières personnes impliquées. Sa trajectoire olympique a depuis donné une visibilité supplémentaire à APRIL, mais l’identité d’un crew ne se résume pas à une médaille. La page officielle de l’équipe, consultée en novembre 2026, présente notamment Shane, Yuto, Rayssa Leal, Guy Mariano, Dashawn Jordan, Kai Kishi, Ronnie Kessner et d’autres riders. C’est un état daté, qui peut évoluer.
Ce mélange de générations et de parcours est plus intéressant que l’expression « casting de rêve ». Des skateurs très expérimentés côtoient de jeunes talents venus d’horizons différents. Cela donne à APRIL plusieurs visages, même si c’est Shane qui a rendu le lancement particulièrement visible.
Le style APRIL, entre sobriété et collaborations
La marque propose des decks à logo, des pro models et des graphismes qui changent au fil des collections. Son site présente des largeurs variées, sans qu’on puisse en déduire qu’une planche conviendra automatiquement à ton stance ou à ton type de skate. L’aspect visuel joue dans le choix d’un deck, mais sa largeur, son shape et ton terrain de pratique restent des critères autrement concrets.

APRIL a aussi pris part à des projets avec Nike SB, notamment autour d’une Dunk Low présentée en 2023. Nike décrit le travail graphique de la collaboration et le parcours de la marque. En août 2026, une vidéo associée à une collaboration avec Spitfire réunit plusieurs riders du team à San Francisco, selon TransWorld. Ce sont des réalisations documentées, pas des scènes que j’aurais personnellement observées.
Ce parcours n’est pas dépourvu de logique commerciale : une chaussure en édition spéciale ou une collection commune sert aussi à vendre. Rien de scandaleux là-dedans. Ce qui compte, pour apprécier la marque, c’est de garder deux questions séparées : qu’est-ce que ses riders et ses projets apportent à la culture skate, et qu’est-ce qu’un produit précis t’apporte vraiment sous les pieds ?
Je retiens surtout cette évolution : un projet imaginé par Shane, construit avec d’autres, devenu une marque identifiable sans adopter l’esthétique de la rébellion obligatoire. APRIL n’a pas besoin d’être la meilleure board du marché pour mériter qu’on raconte son histoire. Et tu peux suivre ses vidéos sans qu’on t’oblige à passer en caisse.


Laisser un commentaire